Les deux facettes de l'exploration

Après des semaines d’effort intensif, Krystle Wright (photographe National Geographic) a rejoint notre exploratrice pour six jours. Une collaboration artistique s’est créée entre les deux femmes lors de l’expédition australienne “Dropped into the Wild Corner” en 2015. Après dix jours de pluie consécutifs, le soleil était au rendez-vous.

UNE TRAVERSEE QU'ELLE N'EST PAS PRETE D'OUBLIER

Après avoir fait ses adieux à Krystle, Sarah s’est enfoncée dans le bush pour une longue traversée sauvage où peu d’humains ont mis les pieds jusqu’à ce jour.

Elle a commencé une ascension ensoleillée en compagnie des serpents (Tiger snakes) qui étaient sur son passage en train de se dorer au soleil.

Elle a essuyé plusieurs tempêtes, et a découvert sur son passage des forêts humides primaires intactes où des troncs d’arbre centenaires qui jonchaient le sol, putréfiés et recouverts de mousse verte, se désintégraient au moindre contact.

Elle a eu la chance d’observer un diable de Tasmanie en milieu naturel (un de ses plus beaux moments).

JOUR 62

“J’ai enfin trouvé la rivière qui va me permettre de sortir de cette vallée à l’aide de mon packraft (petit bateau gonflable)”, nous a-t-elle dit, pleine d’espoir.

Sarah a suivi cette rivière des jours durant, mais malheureusement le niveau de l’eau était trop bas pour la navigation. Elle avait déjà rationné sa nourriture et cueilli des plantes et des baies sauvages en complément dès qu’elle a compris la complexité de la situation. Des conditions extrêmes et une mauvaise météo, voilà ce qui l’attendait.

 

Puis c’est dans une gorge étroite que tout s’est compliqué...

Une traversée de ce genre était pourtant un exercice de routine pour elle. Mais cette fois, elle a glissé et s’est écrasée au fond de cette gorge. Son sac de 30kg la plaquait au sol. Sa seule pensée était “je dois bouger, maintenant - ma balise d’urgence ne fonctionnera pas ici”. Elle s’est relevée péniblement, a rampé hors de cette gorge et a marché encore trois jours avec ce qui s’avérera être un bras cassé.

 

 

encore un nouveau depart

Au moment où vous lisez ces nouvelles, Sarah est quelque part sur la côte ouest,  sous la pluie, à deux semaines de l’arrivée. Un bras immobilisé et l’autre qui pousse une charrette, car elle ne peut plus porter son sac. Son médecin lui a imposé une immobilisation totale durant deux semaines pour que l’os se calcifie. Pendant ce temps, Sarah a imaginé un plan B et c’est en compagnie de sa charrette qu’elle appelle “green bubble” qu’elle a remis ses chaussures aux pieds. Sachant qu’il lui faudra 3 heures pour monter un camp avec un seul bras...

Voici ses mots avant son départ... “Je finis ce que j’ai commencé... un pas après l’autre, ça va prendre plus de temps, c’est tout”