Un début à couper le souffle

J’ai suivi la côte sud, traversé des rivières avec de l’eau douce au dessus de mes genoux et facilement avec mes chaussures attachées autour du cou. J’ai vu la mer sous sa plus belle humeur avec un soleil magnifique. Soudain le temps a viré, le ciel est devenu menaçant, me rappelant les ciels de Mongolie et sous cette chape noire prête à se déchaîner, je me suis demandé: “Vais-je être à la hauteur ?” A ce moment précis j’étais en pleine ascension d’un sommet qui dominait toute la région. Arrivée en haut, les rafales de vents étaient telles que je me suis retrouvée plusieurs fois propulsée dans les buissons denses… avec les quatre fers en l’air! Mon sac à dos était bien trop lourd pour me relever. J’étais sur le dos, sous une pluie battante. Je rigolais en me disant que cette pluie, après tout, n’était que de l’eau... J’ai souri, je ressemblais à un scarabée renversé.

Jour 20

J’ai découvert au petit matin sur ma caméra infrarouge un immense wombat qui se frottait l’arrière-train sur ma tente. Mes nuits sont aussi excitantes que mes jours ; dommage que je ne le découvre qu’au petit matin. #infrarougecamera.

2018-02-18-PHOTO-00000028.jpg

Melaleuca

Mon point de ravitaillement et mon camp de base pour observer la faune et la flore. J’y suis arrivée avec un jour de retard et une blessure à l’épaule après une chute où mon sac de 30 kg a été amorti par mon bras en flexion. Les pluies torrentielles des derniers jours ont fait déborder les rivières et j’ai dû attendre 24 heures pour traverser la dernière sur mon passage. Je n’ai donc pas pu rencontrer Leslie qui était venue en petit avion m’apporter mon ravitaillement pour la suite.

Après quelques jours de récupération, j’ai quitté Melaleuca avec un sac de 35 kg sur le dos (packraft -- petit bateau gonflable -- inclus).

« Je suis heureuse de ne jamais savoir ce que le lendemain me réserve »

De 40 degrés à la neige, de la pluie interminable à une traversée de bras de mer un peu trop venteux me faisant dériver, des zones où les herbes coupantes étaient aussi hautes que moi ... il y a une petite phrase qui revient souvent #tasmaniaforyou. Je commence à mieux la comprendre :-)

Jour 40

D’où je me positionnais sur le sommet de cette crête, je pouvais voir mon point de ravitaillement en contrebas. Il était 18h00 lorsque j’ai passé la porte d’un ancien chalet, le feu y crépitait. J’ai laissé tomber mon sac sur le sol et me suis plantée devant les flammes, hypnotisée, épuisée et heureuse d’être ici ... Quelques heures plus tard, j’ai pris ma première douche depuis le 5 janvier.

Un nouveau départ

Je vous écris ces mots bien au chaud. J’attends la photographe du National Geographic, Krystle Wright, qui doit arriver dans deux heures. Nous avons déjà travaillé ensemble sur la dernière expédition dans les Kimberley -- Instincts.  Il est temps de remettre mon sac sur le dos et cette fois avec Krystle qui m’accompagnera pour quatre jours.