Départ de SUISSE

Le départ de Suisse fut agité, après 1 année de préparation, je me suis envolée en fin d’après – midi du 2 mai , juste après avoir remis le prix des voyages extraordinaires de la fondation Lombard Odier dont je suis la marraine au salon du livre de Genève.

On me pose souvent cette question : Comment commence une expédition ?

Cette expédition est - un vieux rêve

Vous savez comme on a le don de bien classer nos rêves dans une belle armoire à l’arrière de notre mémoire. Cela rassure qu’ils soient là où on peut y accéder facilement sans jamais vraiment les sortir de leur tiroir poussiéreux, c’est ainsi qu’un rêve prend de l’âge et devient un vieux rêve. J’ai décidé d’en sortir un de sa cachette…

J’ai commencé par peindre mon rêve, mes envies profondes sur un canevas blanc, comme un peinture, l’inspiration vient de “dedans“ alors… j’ai posé le premier trait, la première couleur et le reste est une histoire de temps, de détermination et de passion .

« Marcher n’est pas le plus dur…l’avant expédition est toujours aussi laborieux. C’est un peu comme apprendre à nager pour la première fois à chaque expédition »

Et un jour, qui semblait ne jamais arriver, je me suis retrouvée à l’aéroport une fois de plus avec de gros sac d’expédition. Prête pour le départ… 

Arrivée en Australie, la course contre la montre continue, je dois compléter mon matériel et trouver : Un couteau ( le mien, n’ayant pas pu le prendre dans mes bagages en soute pour des raisons de sécurité) , le reste du matériel de pêche, une trappe à crevette etc.…

Quelques cafés plus tard et quelques nuits agitées ont été nécessaires pour récupérer du décalage horaire. Je reprends alors un avion direction  nord – Kununurra ( qui est la porte des Kimberley)  - Ma destination 

Kununurra le 8 mai, 2015 

L’avion  se met en position d’approche,  je devine au dessous de moi des colonnes de fumée ici et là. Les feux font partie du système naturel de régénération en Australie, ils annoncent la saison sèche. Dans le nord il y a 2 saisons : celle des pluies ( nov –avril ) et la saison sèche ( mai – octobre ) , tandis que les aborigènes ont 6 saisons : Mirdawarr, Dhaarratharramirri, Rarranhdharr, Worlmamirri, Baarramirri, Waltjarnmirri

Le nez collé à mon hublot, j’entends le train d’atterrissage qui se met en place sans encombre, mon regard ne peut se décoller de ce qu’il y a au-dessous de nous, c’est à dire un méli-mélo de crêtes, de fonds de vallées qui s’entremêlent à l’infini où l’eau en saison sèche reste prisonnière. Ces piscines à crocodiles m’apparaissent  comme des miroirs ici et là. 

Je me repositionne dans mon siège pour l’atterrissage. Une douce et calme énergie  me remonte la colonne vertébrale pour se loger à la base du crâne. Mes yeux pétillent d’excitation, que l’aventure commence