Un début à couper le souffle

J’ai suivi la côte sud, traversé des rivières avec de l’eau douce au dessus de mes genoux et facilement avec mes chaussures attachées autour du cou. J’ai vu la mer sous sa plus belle humeur avec un soleil magnifique. Soudain le temps a viré, le ciel est devenu menaçant, me rappelant les ciels de Mongolie et sous cette chape noire prête à se déchaîner, je me suis demandé: “Vais-je être à la hauteur ?” A ce moment précis j’étais en pleine ascension d’un sommet qui dominait toute la région. Arrivée en haut, les rafales de vents étaient telles que je me suis retrouvée plusieurs fois propulsée dans les buissons denses… avec les quatre fers en l’air! Mon sac à dos était bien trop lourd pour me relever. J’étais sur le dos, sous une pluie battante. Je rigolais en me disant que cette pluie, après tout, n’était que de l’eau... J’ai souri, je ressemblais à un scarabée renversé.

Jour 20

J’ai découvert au petit matin sur ma caméra infrarouge un immense wombat qui se frottait l’arrière-train sur ma tente. Mes nuits sont aussi excitantes que mes jours ; dommage que je ne le découvre qu’au petit matin. #infrarougecamera.

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Melaleuca

Mon point de ravitaillement et mon camp de base pour observer la faune et la flore. J’y suis arrivée avec un jour de retard et une blessure à l’épaule après une chute où mon sac de 30 kg a été amorti par mon bras en flexion. Les pluies torrentielles des derniers jours ont fait déborder les rivières et j’ai dû attendre 24 heures pour traverser la dernière sur mon passage. Je n’ai donc pas pu rencontrer Leslie qui était venue en petit avion m’apporter mon ravitaillement pour la suite.

Après quelques jours de récupération, j’ai quitté Melaleuca avec un sac de 35 kg sur le dos (packraft -- petit bateau gonflable -- inclus).

« Je suis heureuse de ne jamais savoir ce que le lendemain me réserve »

De 40 degrés à la neige, de la pluie interminable à une traversée de bras de mer un peu trop venteux me faisant dériver, des zones où les herbes coupantes étaient aussi hautes que moi ... il y a une petite phrase qui revient souvent #tasmaniaforyou. Je commence à mieux la comprendre :-)

Jour 40

D’où je me positionnais sur le sommet de cette crête, je pouvais voir mon point de ravitaillement en contrebas. Il était 18h00 lorsque j’ai passé la porte d’un ancien chalet, le feu y crépitait. J’ai laissé tomber mon sac sur le sol et me suis plantée devant les flammes, hypnotisée, épuisée et heureuse d’être ici ... Quelques heures plus tard, j’ai pris ma première douche depuis le 5 janvier.

Un nouveau départ

Je vous écris ces mots bien au chaud. J’attends la photographe du National Geographic, Krystle Wright, qui doit arriver dans deux heures. Nous avons déjà travaillé ensemble sur la dernière expédition dans les Kimberley -- Instincts.  Il est temps de remettre mon sac sur le dos et cette fois avec Krystle qui m’accompagnera pour quatre jours.

Nouvelle expédition de Sarah en Tasmanie

Départ pour une nouvelle expédition en Tasmanie, The Edge Of The World

Départ pour une nouvelle expédition en Tasmanie, The Edge Of The World

Deux jours avant le départ

Après un mois de préparation intensive durant laquelle j’ai à peine eu le temps de boire suffisamment de Café Latte, j’arrive enfin au point où je peux finaliser mon sac de départ.

Après 10 jours sur place, où j’ai obtenu les autorisations et les permis nécessaires (dont celui de pêche), j’ai mis la main sur toutes les cartes topographiques du tracé. Je vais emporter avec moi un grand choix de cartes, ce qui va me laisser la liberté de mes pas, toujours un pas après l’autre, ceci dépendra principalement du terrain.

J’ai eu plusieurs meetings avec le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) pour la mise en place du protocole de collecte de données pendant l’expédition. Un projet qui me tient à cœur et pour lequel je suis impatiente et curieuse à la fois.

Une aide qui est la bienvenue

Le 14 décembre, ma complice de scène Sandrine Viglino est arrivée pour me donner un coup de main côté logistique. Elle a notamment dispatché, rassemblé, mis sous vide 100 jours de nourriture. Un poste qu’elle a assumé sans relâche. Je me suis aussi entourée de références dans le monde scientifique tasmanien. Et c’est une grande chance que je compte Leslie Frost (Environmental Manager at Australian Antarctic Division University of Tasmania. ) parmi la Team de l’expédition.

Celle-ci m’a même offert un magnifique cadeau de Noël en fin d’après-midi dans un coffee shop de Hobart (photo). “Tu en auras bien besoin!” a-t-elle ajouté. Une vraie passation de flambeau … merci merci

Ravitaillement

Comme prévu, quatre points de ravitaillement ont été mis en place et nous sommes parties déposer les sacs. Pendant ce trajet, Sandrine a enfin vu des kangourous, un serpent «Tiger snake» et même trouvé une copine de route (photo). Pour accéder à un endroit isolé dans le bush, au bout d’une piste qui s’arrêtait net à la rivière, nous avons mis la voiture sur une vieille barge qui nous a permis de traverser. Durant ces deux jours de route indispensables, je ne sais pas laquelle des deux a le plus rigolé, mais j’imagine que c’était moi...

Comme avant chaque expédition, à deux jours du départ, je suis épuisée et je peux même dire sans trop m’avancer que « nous sommes épuisées » mais avec une ambiance de grand rendez-vous, malgré la tonne de travail que nous avons achevée.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une magnifique et surprenante année 2018.

Quant à moi, je vais enfin, avec beaucoup d’excitation et de joie, retrouver la nature sauvage de la Tasmanie de l’ouest avec ses contrées isolées et inhabitées.

Votre Exploratrice
Sarah Marquis

Comment suivre l'expédition

Ma team en Suisse vous tiendra au courant régulièrement grâce à la technologie d’aujourd’hui. N’hésitez pas à me suivre via les réseaux sociaux.
 

Elle l'a fait !

National Geographic Explorer Sarah Marquis a terminé sa traversée en solo des Kimberley en Australie de l'Ouest. Durant 3 mois à compter du 6 Juin, Sarah à marché en se nourrissant de ce que la nature lui a offert. Elle a franchi la ligne d'arrivée le 6 Septembre 2015. Sarah a survécu aux conditions extrêmes de sécheresse, aux rencontres avec les crocodiles d'eau salée, les feux de forêt et ainsi que tous les autres dangers du bush australien. Félicitations Sarah!

Le TEAM

Vous connaissez déjà Gregory qui a été mon chef d’expédition pour ma dernière expédition de 3 ans - Sauvage par Nature. Il a repris son poste tout en délégant le  ravitaillement à Jennie pour - Dropped into the wild corner 

J’aimerais vous présenter Jennie qui a rejoint l’équipe au début de cette année.

Après avoir réalisé un de ses rêves de faire un tour du monde seule, elle m’a appelée pour voir si notre conversation d’avant son départ où il était question qu’elle travaille à mes cotés était bien d’actualité. Et c’est ainsi qu’elle est rentrée dans notre petite équipe. Ne vous fiez pas à son air angélique cette jeune femme est une passionnée de parachutisme et est d’une efficacité redoutable dans à peu près toutes les situations. Est-ce que je vous ai précisé que c’est ma cousine ? 

Et oui après avoir déraciné mon petit frère du territoire Jurassien, Jennie a fait de même et vit maintenant en terre valaisanne. C’est d’ailleurs en compagnie de mon frère Joël que Jennie va se retrouver sur les pistes des Kimberley. Ils sont en charge du ravitaillement (plus à ce sujet dans un post à venir ) 

Jennie a rejoint l’équipe avec A-J (prononcé heyji ) qui est aussi appelé : Ginseng. Son petit nom, je suis sûre vous donne une idée du personnage. Après la mort de mon chien d’JOE qui est à mes yeux irremplaçable, cette petite Jack Russell terrier est devenue ma complice par intérim :-) Depuis notre rencontre, dans mon frigo vous allez pouvoir y trouver de la viande séchée, un élément étrange pour une végétarienne. J’ai instauré un  petit rituel matinal composé de quelques tranches de viandes séchée accompagnées d’une carotte crue qu’elle mange je crois juste pour me faire plaisir.